une journaliste de la RTGA victime d‘une présumée bavure policière devant la FIKIN

Sécurité

Une journaliste de la Radio Télé Groupe Avenir (RTGA), Nana Buana, affirme avoir été victime d’une intervention musclée de policiers de la Police nationale congolaise (PNC), mardi soir, devant la deuxième porte de la Foire internationale de Kinshasa (FIKIN), alors qu’elle tentait de documenter une scène de présumées tracasseries policières.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des éléments de la PNC, décrits par certains riverains comme des « brebis galeuses », seraient impliqués dans des actes d’extorsion visant des conducteurs de motos et de moto-tricycles. Les témoins affirment que des engins seraient régulièrement saisis sans justification apparente et que leurs propriétaires seraient contraints de verser jusqu’à 100 000 francs congolais pour les récupérer.

Face à ces pratiques dénoncées comme récurrentes, plusieurs conducteurs de motos se sont opposés aux policiers après l’interpellation, qu’ils jugent arbitraire, de certains de leurs collègues. La tension est rapidement montée sur les lieux.

Alors qu’elle rentrait chez elle après sa journée de travail, aux environs de 19 heures, la journaliste Nana Buana a été témoin de cette altercation. Souhaitant conserver des preuves de la situation, elle a lancé un appel vidéo avec une consœur travaillant au cabinet du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, afin de lui montrer ce qui se déroulait sur place.

Selon son témoignage, cette initiative a provoqué la réaction des policiers présents.

« Je viens de passer une dizaine de minutes entre les mains des policiers de l’unité GMI Bravo FIKIN (2ᵉ porte). Alors que je tentais de dénoncer les actes de tracasserie dont étaient victimes de jeunes conducteurs de moto-tricycles, j’ai lancé un appel vidéo avec une consœur, membre du cabinet du ministre de l’Intérieur, afin de lui montrer la situation qui dégénérait sur le terrain. À ce moment-là, un policier en tenue civile m’a brutalement arraché mon téléphone. J’ai ensuite été encerclée par plusieurs éléments de cette unité, qui voulaient vérifier si j’avais enregistré des vidéos », a-t-elle déclaré.

La journaliste affirme avoir contesté cette intervention, rappelant aux policiers qu’ils n’étaient pas autorisés à saisir son téléphone ni à procéder à une fouille de son appareil sans base légale.

« Comme je protestais, leur rappelant qu’ils n’avaient aucun droit de procéder à une telle fouille ni de s’emparer de mon téléphone, ils ont finalement décidé de me relâcher avant de quitter précipitamment les lieux. Au moment de partir, l’un d’eux a lancé en lingala : "Aza journaliste, makambu ebebi, tolimwa awa" (C’est une journaliste, les choses se compliquent, partons d’ici). Si nous avons dû passer cet appel, c’est parce que la situation s’était déjà fortement détériorée. Les jeunes conducteurs refusaient de céder face aux tracasseries, tandis que les policiers recouraient même à des tasers pour tenter de les neutraliser », a-t-elle ajouté.

À ce stade, aucune réaction officielle de la Police nationale congolaise ni du ministère de l’Intérieur n’a encore été enregistrée concernant ces allégations. Les faits rapportés reposent sur les témoignages de la journaliste et de plusieurs personnes présentes sur les lieux.

José Kapuku Mushilayi


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